Sur un air de Rameau

                     Les sauvages.

 

 

Bandits de grand chemin ou nobles éhontés,

J'entends au clavecin une horde sauvage,

C'est un air de Rameau qu'il nomma Les sauvages;

Notez le désinvolte et voyez-le danser!

 

 

On rit, on boit, les dents splendides aiguisées

Et le regard cruel qui s'adoucit soudain,

Poussé par le désir et le vertugadin,

Car la marquise ici est une déguisée.

 

 

Ecoutez ces violents dont la beauté outrage,

Ces irrévérencieux ballant d'un pas léger,

Ne leur donnerait-on pas Dieu sans confesser

Alors que dans leur coeur le diable fait ouvrage?

 

 

Le clavicymbalum jette un trousseau de clefs,

Il pleut dans le soleil des cordes en acier,

La vie est courte, il faut vite la détrousser,

Profiter de son or, de ses cheveux bouclés.

 

 

                 étienne busquets

 

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