Le chant des heures morcellées...

      Dans le sentier de la rivière.

 

 

Les galets de silice dans les murs scellés

Régalent de rondeurs, d'ocres inégalés,

Et le premier soleil, d'un verre de Gallé,

Joue d'étrange malice et vient ensorceler.

 

 

L'eau brise son cristal au pas de la chaussée,

Projetant ses vapeurs d'iode et de sang mêlées,

Méduse révoltée, presque Pégase ailé,

Et, la tête à l'envers sur ses pieds déchaussés,

 

 

Elle entonne le chant des heures morcelées,

Mijote un court-bouillon, un champagne insipide,

Croyant perdre à jamais cette fougue intrépide

Qui la porte à nouveau vers l'issue de ce lait.

 

 

Une bouffée d'air chaud qui sent la chlorophylle

Annonce la tisane des soirées d'été,

Et je me dis soudain qu'il ne tient qu'à un fil

Que cette vie se meure sans se récrier.

 

 

            Etienne Busquets

 

 

 

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